Le Maroc n'a pas réédité son exploit du Mondial 2022, où il avait atteint les demi-finales, son parcours s'arrêtant de nouveau face à la France (2-0), cette fois en quart de finale, mais les Lions de l’Atlas peuvent déjà se tourner vers la Coupe du monde 2030, qu'ils coorganiseront avec l’Espagne et le Portugal.
Malgré cette élimination, le Maroc peut tirer un bilan positif de cette Coupe du monde à 48 équipes : première nation africaine à atteindre deux quarts de finale consécutifs, il a notamment éliminé les Pays-Bas aux tirs au but en seizièmes de finale et accroché le Brésil (1-1) en phase de groupes lors du tournoi organisé au Canada, au Mexique et aux États-Unis.
Des interrogations existaient pourtant quant au potentiel de cette équipe après le changement de sélectionneur intervenu seulement trois mois avant le tournoi. Mais Mohamed Ouahbi a assuré une transition sans accroc vers l'équipe première après avoir conduit la sélection marocaine des moins de 20 ans au titre mondial l'an dernier.
Le prochain Mondial est désormais au cœur des ambitions du Maroc. Le royaume coorganisera l'édition 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal et est donc déjà qualifié d'office.
"Nous avons une équipe jeune qui a envie de progresser et qui continuera à le faire. Nous disposons de joueurs talentueux qui nous permettront de grandir encore", a déclaré Mohamed Ouahbi après la rencontre de jeudi.
Tout porte à croire que la Fédération maintiendra sa confiance au sélectionneur afin de lui laisser le temps de faire franchir un nouveau palier à son équipe, avec en ligne de mire un défi immense : remporter la Coupe du monde à domicile en 2030.
Avant cela, le sélectionneur des Lions de l'Atlas devra toutefois négocier les éditions 2027 et 2028 de la Coupe d'Afrique des nations. Et il sait mieux que quiconque combien le métier de sélectionneur reste précaire sur le continent, où un échec dans une grande compétition se traduit souvent par un changement de direction.
Son prédécesseur, Walid Regragui, avait ainsi essuyé de vives critiques après la défaite du Maroc face au Sénégal en finale de la CAN disputée à Rabat en janvier.
"Nous devons d'abord nous qualifier pour la Coupe d’Afrique des nations, puis la remporter. Il faut prendre du recul et bâtir une équipe capable de faire rêver à l'avenir. Gagner des titres est essentiel pour confirmer que nous sommes sur la bonne voie", a ajouté Mohamed Ouahbi.
Malgré son statut de nation la mieux classée du continent, le Maroc affiche un bilan relativement modeste en Coupe d’Afrique des nations. Les Marocains n'avaient remporté qu’un seul titre continental, en 1976, avant de se voir attribuer l’édition 2025 après le retrait du trophée au Sénégal à la suite d’un abandon collectif lors de la finale.
Cette décision fait toutefois l’objet d’un appel et pourrait encore être annulée.
Le Maroc retrouvera la compétition en septembre avec le début des qualifications pour la CAN. Les Lions de l'Atlas évolueront dans un groupe composé du Gabon, du Lesotho et du Niger, une mission qui s’annonce, sur le papier, assez abordable.
Mais s'ils nourrissent réellement des ambitions pour 2030, ils devront se mesurer régulièrement à une opposition plus relevée afin d’affiner leur préparation et d’élever leur niveau.
"Bien sûr, la Coupe d'Afrique des nations n’est pas la Coupe du monde. C’est une compétition différente, face à des adversaires aux styles de jeu très variés", a souligné le sélectionneur.
"Lorsqu'on n'a pas l'habitude d'affronter ce type d'équipes, lorsqu'on n'est pas préparé aux exigences d'une Coupe du monde, on peut être éliminé très rapidement."
(Reportage Mark Gleeson à Atlanta; version française Zakarya Meliani, édité par Benoit Van Overstraeten)

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